30 avril – Paris pour école (1905-1940), Chagall, Modigliani, Soutine…

Dominique Dupuis-Labbé, conservateur général honoraire du patrimoine

« Peut-on considérer comme indésirable l’artiste pour qui Paris est la Terre promise, la terre bénie des peintres et des sculpteurs ? » C’est ainsi qu’en 1925 André Warnod (1885-1960) défendait les artistes marginalisés, parce qu’étrangers, au sein du Salon des indépendants. L’École de Paris désigne la scène artistique constituée par des artistes étrangers provenant de toute l’Europe, mais aussi d’Amérique, d’Asie et d’Afrique. Ce cosmopolitisme est sans précédent dans l’histoire de l’art. 

Parmi ces hommes et femmes, nombreux sont les artistes juifs venus des grandes métropoles européennes, mais aussi de l’Empire russe, qui cherchent une émancipation artistique, sociale et religieuse. Ils ne sont d’aucune « École » au sens traditionnel : ils ne partagent pas un style, mais une histoire commune, un idéal et, pour certains, un destin. Fuyant un contexte peu favorable au développement de leurs activités artistiques ou cherchant un contexte libre, moderne, de jeunes artistes convergent vers Paris, parmi eux Marc Chagall, Chaïm Soutine, Amedeo Modigliani, Jules Pascin, Jacques Lipchitz,  Chana Orloff, Otto Freundlich, Moïse Kisling, Louis Marcoussis, Michel Kikoïne et Ossip Zadkine, mais également des artistes moins connus comme Walter Bondy, Henri Epstein, Adolphe Feder, Alice Halicka, Henri Hayden, Georges Kars, Léon Indenbaum, Simon Mondzain, Mela Muter et bien d’autres.

MAHJ (Musée d’art et d’histoire judaïque), du jeudi 3 juin 2021 jusqu’au dimanche 31 octobre 2021