Vendredi 6 février : Turner/Constable
Vendredi 23 février à 18h15 au cinéma Gulf Stream
Turner/Constable
par Fabrice Conan, historien de l’art
La Tate Britain présente la première grande exposition consacrée aux vies et à l’héritage intimement liés des deux plus grands paysagistes britanniques : J.M.W. Turner (1775-1851) et John Constable (1776-1837). Peintres aux personnalités radicalement différentes, chacun a remis en question les conventions artistiques de son époque, développant des représentations du monde qui résonnent encore aujourd’hui. À l’occasion du 250e anniversaire de leur naissance, cette exposition retrace le développement parallèle de leurs carrières, révélant la manière dont ils ont été célébrés, critiqués et opposés l’un à l’autre, et comment cela les a poussés vers des visions artistiques nouvelles et originales. Elle rassemble plus de 190 peintures et œuvres sur papier, depuis l’œuvre majeure de Turner, « L’Incendie des Chambres des Lords et des Communes » (1835), prêtée par le Cleveland Museum of Art et restée invisible en Grande-Bretagne pendant plus de 60 ans, jusqu’au « Cheval blanc » (1819), l’un des chefs-d’œuvre de Constable, exposé pour la dernière fois à Londres il y a vingt ans.
Nés à un an d’intervalle seulement – Turner dans la métropole londonienne grouillante et Constable dans une famille aisée du village d’East Bergholt, dans le Suffolk – leurs débuts contrastés ouvriront l’exposition. Turner, jeune artiste prometteur au sens aigu des affaires, exposa pour la première fois à la Royal Academy en 1790, à seulement 15 ans, et réalisa d’ambitieuses toiles à l’huile, comme la récemment découverte « La Brume montante, Hot Wells, depuis St. Vincent’s Rock, Bristol » , avant même d’avoir 18 ans.
À l’inverse, Constable, en grande partie autodidacte, entreprit des voyages d’études pour créer ses premières aquarelles, telles que « Bow Fell, Cumberland » (1807), et fit preuve d’une détermination farouche à perfectionner ses techniques artistiques, n’exposant à la Royal Academy qu’en 1802. Tous deux apparurent au moment même où la peinture de paysage connaissait un essor considérable, mais partageaient néanmoins le même désir de la faire évoluer positivement.
L’exposition explore comment ces deux artistes ont développé des identités artistiques distinctes au sein du monde compétitif de la peinture de paysage, mettant en lumière leurs méthodes, leur évolution et leurs points communs.

